Après la chute de 2022 qui suivait les confinements, la France pouvait espérer obtenir de meilleurs résultats au classement de 2025. Il n’en est rien, et elle est désormais 18e des pays de l’OCDE.

Les résultats de la dernière enquête PISA dressent un constat particulièrement alarmant pour le système éducatif français. En effet, l’évaluation menée auprès des élèves de 15 ans révèle un recul généralisé des performances depuis 2018, s’inscrivant dans une baisse continue observée depuis 2012.

Si l’édition 2025 devait amorcer un rattrapage après la nette chute de 2022 consécutive aux confinements, le niveau poursuit finalement son effondrement. À l’échelle européenne, la France descend ainsi au 18ᵉ rang de l’Union européenne en mathématiques.

Ce déclin s’annonce d’autant plus durable que l’étude TIMSS de fin 2024 classait déjà les élèves français de CM1 au tout dernier rang de l’UE. Et pour cause : le niveau des Français s’effondre dans toutes les matières mesurées.
Contrairement à une idée reçue, cette détérioration ne touche pas uniquement les élèves en difficulté : le niveau des 10 % des meilleurs élèves enregistre également une baisse significative en mathématiques.

Par ailleurs, l’étude met en lumière la persistance de fractures structurelles majeures au sein de la population scolaire :
Les écarts de genre : les garçons conservent une avance de 13 points en mathématiques. À l’inverse, les filles surclassent nettement leurs camarades en compréhension de l’écrit avec 32 points d’écart, une constante observée dans la totalité des pays de l’OCDE.

Les inégalités sociales : le fossé atteint une dimension abyssale en mathématiques, où plus de 100 points séparent le quartile d’élèves le plus favorisé du quartile le moins favorisé.

L’origine de l’élève : des disparités importantes subsistent entre les élèves issus et non issus de l’immigration. Sachant que l’OCDE estime que 20 points d’écart équivalent à une année entière de scolarité, les écarts mesurés traduisent plusieurs années de décalage pédagogique. Par conséquent, les élèves issus de l’immigration se trouvent très nettement surreprésentés parmi les groupes affichant les plus faibles résultats.
Précision : selon PISA, 20 points de différence égalent un an de scolarité. Un écart de 40 points traduit donc deux années complètes de décalage entre les élèves.
Ces données confirment que la crise du niveau scolaire concerne l’ensemble des profils d’élèves et s’impose déjà comme l’un des enjeux majeurs des prochains débats politiques nationaux.



