Moins de voitures, plus de bouchons ? Analyse chiffrée des nouvelles mobilités parisiennes

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Mobilités à Paris : Le grand paradoxe. Moins de voitures, mais une ville plus lente et saturée. Retrouvez notre dossier publié en exclusivité dans Le Point, et désormais en libre accès ici :

Alors que la politique municipale vise depuis deux décennies à réduire la place de
l’automobile, l’observatoire Hexagone publie aujourd’hui une analyse chiffrée inédite : «
Moins de voitures, plus de bouchons ? Analyse des nouvelles mobilités
parisiennes ».
Ce dossier révèle que l’effondrement du trafic automobile ne s’est pas traduit par la
fluidification promise, ni par un report massif vers les transports en commun, mais par
une congestion accrue et une efficacité environnementale mitigée par le
ralentissement généralisé.

L’effondrement de la vitesse de circulation (-32 %)


C’est le chiffre le plus marquant de l’étude. Si le trafic automobile a chuté de 56 % en
vingt ans, la circulation ne s’est pas fluidifiée pour autant. Au contraire, la vitesse
moyenne dans la capitale s’est effondrée, passant de 16,4 km/h en 2004 à seulement
10,4 km/h en 2024.
Le constat : La réduction drastique de la voirie a créé de nouveaux points de friction.
Moins de voitures roulent, mais elles roulent beaucoup moins bien.Le mythe du “vase communicant” vers le métro
Contrairement aux idées reçues, la baisse du trafic auto n’a pas provoqué de report
massif vers le métro.

    • Le trafic du métro parisien est quasi stable sur la dernière décennie (+2 %
      seulement entre 2014 et 2024).
    • Sur des axes emblématiques comme la voie Georges-Pompidou, le flux total
      (voitures + vélos) a été divisé par deux. Il y a donc parfois une “évaporation” des
      déplacements plutôt qu’un transfert total.
    Environnement : La technologie plus forte que la restriction


    L’amélioration de la qualité de l’air à Paris (-40 % de NO2 en 10 ans) est une réalité,
    mais elle est trompeuse si on l’attribue uniquement à la politique anti-voiture :

      • 55 % de cette amélioration est due au renouvellement naturel du parc
        automobile (normes Euro, véhicules plus propres), contre seulement 25 %
        imputables à la baisse du trafic.
      • Effet pervers : La baisse de la vitesse de circulation a annulé une partie des
        gains environnementaux. Un moteur tournant au ralenti ou dans les bouchons
        pollue davantage. À vitesse constante, la baisse des émissions aurait pu être de
        36 % au lieu des 32 % observés.
      La sécurité des cyclistes en question


      Alors que l’offre cyclable a été multipliée par 5 en 20 ans, l’accidentalité explose. Le
      rapport souligne un fait alarmant : la moitié des cyclistes tués entre 2017 et 2024
      l’ont été sur une voie disposant pourtant d’un aménagement cyclable. La
      sécurisation des infrastructures montre ici ses failles tragiques.
      À propos de l’étude :
      Ce dossier de l’Observatoire Hexagone s’appuie sur les données publiques (Open Data
      Paris, bilans de la Mairie de Paris, Airparif) pour dresser un bilan factuel de la
      transformation de la capitale.

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